Article de Cécile Mainardi

promenades aux phrases

 

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DE10-A02



Le livre écrit à la page où on l’ouvre au hasard n’existe pas réellement. En effet, si l’on décide de ne pas l’ouvrir ailleurs, et que l’on s’en tient à cette page-là, rien ne prouve que les autres pages sont noircies, et l’on est logiquement en mesure d’imaginer le reste du
livre entièrement blanc. Il y a une chance sur le nombre de pages que comporte le livre pour que ça soit le cas, il y a une chance par livre que le livre qui n’existe pas réellement (n’) existe (pas) (réellement). Et tout fermés que sont vos yeux dans leur brève prière au hasard pour tomber sur cette page idéale, c’est essentiellement cela que l’on cherche en l’ouvrant ainsi, la possibilité de lire un livre qui n’existe pas réellement/ou qui, le temps d’une averse, en ait sa double face ouverte arrosée. Il faut dire que sur une telle page, les phrases qui en sont comme suspendues [...]