Article de Philippe Mesnard

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"engagement du dégagement"
entretien avec Jean-Marc Cerino

 

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DE7-A06



Jean-Marc Cerino : Deux questions avant d’en venir à votre dernier ouvrage : vous faites partie des chercheurs qui face aux camps ont décidé de ne pas abdiquer devant l’image du « Grand mal », de ne pas adopter la posture du retrait - le « Tout ce qui touche Auschwitz demande l’angoisse et le silence » de Maurice Blanchot - ni de se résoudre à la fascination négative que peut représenter la Shoah - on pourrait évoquer ici la figure du « musulman » pour Giorgio Agamben. Cette attitude est-elle liée selon vous à un contexte historique et à une nécessité de clarifier les choses poussée par un postmodernisme venant au mieux les amplifier et au pire les brouiller ; à un effet générationnel  : la distance par rapport à l’événement que vous n’avez pas vécu ; ou bien a-t-elle toujours été présente et est-elle plutôt le fait d’une posture philosophique voire éthique ?

Philippe Mesnard : Je pense qu’en tant que possibilité, cela a toujours existé. Ensuite le recours à cette possibilité-là, je ne pense pas que cela soit seulement en termes de génération qu’il se pose. Mon travail est plutôt de ne faire de la question générationnelle qu’un facteur parmi d’autres. C’est aussi de ma part une prise de position par rapport à l’importance qu’a prise la mémoire dans notre société actuelle, présente plutôt sous la forme [...]